fbpx

J’ai rencontré quelqu’un, il m’a parlée de mariage…

par | 12 Juin, 2016 | Lettre à ... | 2 commentaires

Il m’a parlée de mariage un mois après notre rencontre, ma première réaction a été de me dire Alhamdoulillah, je suis normale! Je ne comprenais pas pourquoi j’étais encore l’une des dernières célibataires de mon groupe de copines.
La petite voix dans ma tête m’a dit, « tu fais peut-être une connerie, tu devrais patienter un peu le temps de mieux le connaitre», je me suis hâtée de la faire taire, oiseau de mauvais augure. Cette petite voix dans ma tête fera mon malheur si elle n’apprend pas à la fermer.
Qu’est-ce qu’une femme peut désirer de plus beau et de plus noble qu’être épouse. Surtout en ces temps où les hommes ne se marient plus, se contentant de multiplier les conquêtes. Moi j’ai la chance incroyable de voir un homme, laisser toutes les portes des maisons du quartier pour venir taper à la nôtre et demander ma main.
Bon, c’est pas vraiment comme cela que ça s’est passé, nous nous sommes rencontrés pendant que j’attendais le bus à la sortie de mes cours, mais c’est tout comme. Il m’a proposé gentiment de me ramener en voiture et m’a dit dès l’entame, qu’il était animé d’intentions sérieuses. Que demander de plus ? Khana neekh.
Il m’a parlée de mariage, tu te rends compte ? Je n’y crois pas, j’ai attendu ça toute ma vie. Je viens d’une famille où la seule parure de la femme est d’être mariée, le seul diplôme qui vaille d’être brandi est celui d’épouse. Je viens d’une famille où l’épanouissement d’une femme équivaut à la voir évoluer dans son foyer.
Dans ma famille, on se marie et c’est tout ! Et divorcer n’est pas une option.
Depuis toutes petites, ma mère nous l’a toujours dit.
Mes tantes ont même essayé de me marier à des cousins. J’ai toujours refusé, les mariages consanguins sont source de problème de famille, goor yi dagnou doyy waar, sans compter les risques de maladie, on assez de drépanocytaires dans la famille. Je n’ai pas envie de ramener un enfant SS.
J’ai bien fait de rabattre son clapet à cette petite voix dans ma tête. Et me suis empressée d’appeler ma meilleure amie, moom ndeyssane, elle n’a pas de chance, les hommes qu’elle fréquente finissent toujours par la trahir.
Devrai-je lui dire d’ailleurs ? Ça va peut-être lui faire mal et faire naître de la jalousie en elle. Mo kham dé (c’est son problème), je l’appelle quand même, pour  lui annoncer la nouvelle. On a crié de joie toutes les deux, je me suis fait des films ! Khol bi dara nekkou si (elle a un cœur en or), dafa amoul chance rek  (Elle n’as pas de bol!)

Photo trouvée sur le web d’une série sénégalaise à succès « Un café Avec »

Au bout de deux mois nous étions mariés, j’accédais enfin au titre tant convoité de Madame.
Je n’ai pas manqué d’exhiber fièrement ma bague au doigt devant mes copines encore célibataires. Je n’ai pas manqué de les convier toutes à mon mariage. Ce sera l’occasion pour elles de se rendre compte que je ne fais plus partie de ce cercle des laissés-pour-compte. Elles vont venir, s’asseoir entre elles et tout critiquer, ma tenue, ma coiffure, mon maquillage, la nourriture.  Je m’en fous, elles veulent toutes être à ma place rek. La petite voix dans ma tête me dit que ma coiffure, mon maquillage et ma tenue sont un peu too much, faalé wou ma ko sakh !
Taaru djigueen moy seyy. Seyy naa nak. Je suis enfin mariée.  On a fait la fête jusque tard dans la nuit. Après la réception, mes tantes ont défait ma coiffure et m’ont demandé d’enlever ma belle robe de mariée. Plus jamais je ne la porterai… Pendant qu’elles me préparaient à rejoindre mon foyer les doutes m’ont assailli, la réalité m’a rattrapée. Il ne me reste plus qu’à partir.
Les premiers jours passent la lune de miel se termine, je commence à m’apercevoir que je me suis mariée à un parfait inconnu. A quel moment c’est arrivé, comment me suis-je décidée, je n’en ai pas la moindre idée, il m’a parlé de mariage et j’ai accepté c’est tout.
C’est dans  l’ordre normal des choses.
C’est ce que mes parents ont toujours voulu, c’est ce que j’ai toujours voulu, enfin, je crois.
De toutes les façons nous femmes ne tombons pas amoureuse c’est connu nous nous habituons juste à notre compagnon. Je m’habituerai comme d’autres avant moi, je ne suis pas la seule et encore moins la dernière.
Qu’importe ce que me  dit cette maudite petite voix.  J’apprendrai à le connaitre et à m’habituer à lui…

2 Commentaires

  1. bahia

    De ces rencontres "hasardeuses", naissent parfois aussi les plus grands amours.

    Réponse
    • admin4649

      Je "plussoie"!!! C'est tellement vrai, ce que vous dites!

      Réponse

Trackbacks/Pingbacks

  1. Je viens de loin... - du KOKALAM - […] J’ai rencontré quelqu’un, il m’a parlée de mariage […]
  2. Je viens de loin - partie 2 - du KOKALAM - […] J’ai rencontré quelqu’un, il m’a parlée de mariage […]

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

*

code


Tous les liens utiles :






Abonnez-vous à Conversations féminines sur votre plateforme préférée :


Coin Lecture...
Avant chaque conversation, chaque Invitée partage 3 lectures Coup de Cœur.
En voici quelques uns au hasard ci-dessous mais elles
sont toutes disponibles dans >>notre bibliothèque en ligne<<
:

Bibliotheque

Et coin écriture.
Parce que nos invitées prennent aussi la plume, retrouvez >>la liste dédiée à leurs ouvrages<<


D’AUTRES PETITS RIENS…

Bannière du Podcast conversations féminines. Portrait de Zoubida Fall

« Conversations féminines », une série d’épisodes sur la place des Femmes au Sénégal

Elles sont des femmes, sénégalaises ou d’origine sénégalaise. Aux profils divers et provenant de diverses classes sociales. Pendant une heure et sur un ton intimiste, nous interrogerons avec elles leur place. De celle qu’on leur a assigné à ce qu’elles en ont fait. (…)

D’une génération à une autre et si nous entamions cette conversation…

Portrait de AIDA SYLLA - Ceux du milieu, on a tendance à vous oublier. Vous n'existez pas et ça vous donne tellement de liberté - Vignette du podcast Conversations Féminines

Quand Pr Aïda Sylla soigne l’hopital et notre santé mentale

Vous n’existez pas et ça vous donne tellement de liberté. Il fallait écouter autrement les personnes. Biographie de Pr Aïda Sylla Psychiatre à l’hôpital de Fann. Ancienne Chef de la division de la santé mentale au ministère de la santé. Professeur Titulaire des...

Construire tous les jours un espace à soi, avec Dr Rama Salla Dieng

Je n’ai pas besoin de vivre ces choses personnellement ou de les découvrir par moi-même. D’autres personnes ont déjà fait ça (…) je peux apprendre de leurs expériences. Biographie de Dr Rama Salla Dieng Auteure, universitaire, militante féministe panafricaine, maman....

Art, géographie, conventions : Aucune frontière imposée par autrui ne résiste à Oumou Sy.

Le monde appartient à nous tous, c’est les hommes qui ont mis les frontières. Je ne sais même pas jusqu’à maintenant lire et écrire. (…) Moi je suis restée intacte.  Biographie de Oumou Sy Costumière, styliste, créatrice de bijoux, décoratrice, femme d’affaires,...

Pin It on Pinterest

Donnez de la force à du Kokalam

Partagez sur les réseaux sociaux : ça m'aide vraiment beaucoup pour faire connaître le podcast Conversations Féminines et tous les parcours de ces femmes incroyables.