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Djily…

par | 21 Mar, 2020 | Nouvelles | 3 commentaires

Ma mère est morte depuis cinq ans maintenant. Elle me manque énormément. Aujourd’hui, particulièrement, je n’arrête pas de penser à elle. Je me sens tellement seul. Fils unique, nous avons eu une relation extrêmement fusionnelle. Ma mère était fine et drôle, j’ai eu la chance de l’avoir. Elle s’est séparée de mon père quelques mois après ma naissance et m’a élevée seule. 

Mon père, de son côté, ne s’est jamais remarié non plus.

J’ai envie de passer du temps avec elle, il y a encore toutes ses affaires que je n’ai jamais pris la peine de trier. Aujourd’hui est un jour idéal pour cela. Le déferlement d’émotions m’a toujours empêché de le faire. Je le ferai aujourd’hui.

Je me rends dans son ancienne chambre et commence à  trier… Je tombe sur son carnet de notes. Combien de fois l’ai-je vu écrire sur ce dernier frénétiquement ? Elle avait fini par en avoir toute une pile, toujours de la même couleur et de la même marque. Elle adorait écrire, mais n’a jamais envisagé de publier ses écrits…

J’en ouvre un au hasard…

—-

Je me suis levée très tôt ce matin, le sourire aux lèvres. 

Je suis heureuse. Une femme comblée.

Mon téléphone vibre au même moment. Mon sourire s’agrandit encore plus en voyant LE nom à l’écran et le début du message :

« Love of my life –  Today na today. J’ai demandé à ma mère que toutes les vieilles soient ici à partir de 10h. Looool »

Je m’empresse de répondre: 

«

  • Bb ëppël nga (Bb tu abuses). On les attend vers 17h.
  • Tu ne connais pas les vieilles là. Elles sont capables de dire qu’elles avaient oublié.
  • Tu es réveillée?
  • C’est quoi cette question? Je te réponds non?
  • Loool. Je deviens dingue.
  • Du ko jar de!
  • On se voit ce soir
  • Ça marche
  • Je t’aime
  • Moi aussi »

Je repose le téléphone et me lève. C’est déjà l’heure de me rendre chez la coiffeuse. Ça va être une grosse journée. Une des plus belles journées de ma vie. Le premier pas vers une nouvelle vie que je passerai aux côtés de Djily.

Il est 17h, je remets une de mes boucles anglaises en place. J’ai passé une bonne partie de la journée au salon de coiffure. J’étais la première à fustiger les files d’attente et comprenais très peu comment des personnes normalement constituées pouvaient passer l’un des plus beaux jours de leur vie dans une queue. Je n’en sais toujours rien, mais je suis contente du résultat. Mes boucles tombent gracieusement. La mariée de Louga, elle, risque de n’arriver chez elle qu’à deux heures du matin. Louga-Dakar pour se faire coiffer et maquiller. Je secoue la tête. 

Mon maquillage est impeccable, j’en suis très fière, je l’ai réalisé moi-même. Je reconnais le pas de ma mère. Comme à son habitude, elle pousse la porte sans frapper. je me retourne vers elle:

  • Wa maman do fëg (Maman, tu ne peux pas frapper à la porte)
  • Xam, c’est chez moi
  • Leegi ma bayyi la ak sa kër (Je te laisserai bientôt seule avec ta maison) et tu pourras ouvrir toutes les portes sans frapper. Tu verras bien. Billaay di naa la wéetal (Tu vas te sentir bien seule)…
  • J’ai hâte que tu t’en ailles. Pfffff, comme si tu servais à quelque chose dans cette maison.

Elle le dit en s’installant sur mon lit.

  • Mon bébé a grandi, elle va se marier. (Ses yeux s’embuent)
  • Ne pleure pas ici de, mooo! Quand tu es contente, tu pleures, quand tu es triste, tu pleures! Cette fois-ci, tu pleures pour quelle raison? Tu devrais être en train de danser. Tu vas te débarrasser de moi. C’est pas toi qui disais, tout de suite, que je ne servais à rien.
  • (Rires) da nga soof. Man ma ko def sax. Je m’en vais et ne t’avise pas de revenir ici un jour! Tchiip
  • (j’éclate de rire) moi aussi je t’aime
  • Wa, finis de te préparer ; les gens arrivent. Tu es magnifique !
  • Je sais !
  • Xamoo sa bopp (Tu ne te sens pas)

Elle ressort de ma chambre. Mon père va bientôt se pointer. Il a arrêté de manger depuis l’annonce de mon mariage, le pauvre. Je ne sais pas ce qui se passe dans sa tête, mais il n’a pas l’air particulièrement heureux.

Ma tenue tombe parfaitement. J’aime l’image que me renvoie le miroir. Je jette un coup d’œil sur mon téléphone. Les messages n’arrêtent pas. Ma famille, elle, continue d’arriver. Tantes et oncles, grands-parents des deux côtés. Anciens voisins, amis d’enfance de mes parents, ils ont tous répondu à l’appel de ma mère. Ils ont voulu recevoir la dot en grandes pompes. Man maay taaw (je suis l’ainée). C’est la première fois que ma mère am xew (événement d’envergure – mariage baptême). Je suis fin prête à accueillir ma future belle-famille. Le bruit s’amplifie. Les griottes font leur entrée. Elles sont plusieurs. Mère, fille et petits-enfants. Leur relation avec notre famille remonte déjà à plusieurs générations. Mame Ndèye Seck a mené de main de maître le mariage de mes parents. Il paraît qu’elle était venue accompagnée de sa fille et de toutes ses belles-filles. Son défunt mari, tambour-major réputé, avait, quant à lui, fait battre les tam-tams trois jours durant. Accompagné de ses vingt-sept fils. Les femmes entre chants et danses ont aussi fait retentir les sabars à tour de rôle, démontrant devant les visages ébahis toute leur virtuosité dans cet art longtemps réservé aux hommes.

J’entends la voix de mon père, suivie de celle de Mame Ndeye Seck, son grand âge n’a en rien diminué sa verve, son verbe est toujours aussi haut.

  • Wa Assane, ana suñu céet bi? (Où est notre future mariée)
  • Ci moom la jam nii. Kaay mi ngi fi ci néeg bi. (Je vais la voir. Viens, elle est dans la chambre)
  • Na genn néeg bi, ñëw jakkarlo ag ñun. (Elle doit sortir de la chambre et venir ici nous faire face)

Ils frappent à la porte et entrent. Je vois la tête de mon père derrière celle de Mame Ndeye. D’un regard, nous exprimons tellement de choses que des mots ne sauraient rendre. Il hausse les épaules d’un air « je n’ai pas pu l’empêcher de venir ». J’éclate de rire.

  • Mame Ndeye Seck: Wa ki lu muy reetaan? Doom neex nga deret daal. Suñu temps bu ñu la dan ñaan si, da ngay stresser di jooy. Ndax do dam ki ñu la tànnal. Degg nga siy am rek, ag njort bu rafet. Wante leegi de… Dan ngeen di dem, fu ne ngeen ni fa fàŋŋ, di wone wu. Dara tiital u leen. Doom, na nga jaar fa sa ndey jaaroon. (Pourquoi tu ris?, Tu es bien joyeuse ma fille. De notre temps, quand on venait demander ta main, on était stressée, on pleurait. Nous n’avions aucune idée de qui était l’heureux élu. Nous n’en avons qu’une vague idée, et nous faisions confiance à ceux qui avaient choisi pour nous. De nos jours… Les choses ont changé. Vous sortez ensemble et vous exposez partout, faisant converger tous les regards sur vous. Vous n’avez plus peur de rien. J’espère, ma fille, que tu feras honneur à ta mère)
  • (Mon père qui se racle la gorge)
  • Mame Ndeye Seck: Xana lii mooy noppil ndax. Wax nga dëg sax. Li du lu ñuy wax ci kanam u góor. Yeen moom seen yoon! (C’est une manière de me dire de me taire. Et, tu as bien raison, ce genre de question ne s pose pas devant les hommes. Vous n’êtes pas aussi impliqués que nous)
  • Moi: Wa mame do ma nuyu ba pare ag ni ma la nammee (Mais, grand-mère tu peux d’abord me dire bonjour, tu m’as manqué). Je m’approche d’elle, la serrant dans mes bras. Malgré les signes de vieillesse, elle a gardé sa grâce et son élégance restées dans les annales. Son grand boubou « Cuub VIP », caressait le sol. Le foulard attaché avec cette négligence très recherchée que seule la longue pratique savait conférer, le grand châle sur ses épaules et cette odeur de cuuraay (encens) caractéristique. Elle refusait d’en révéler la composition. Se contentant d’en offrir à quiconque lui en faisait le compliment. Chaque fois qu’on lui en demandait la composition, elle entrait dans un mutisme profond avec un sourire en coin. La légende familiale disait qu’elle avait écrit la recette et qu’elle la lèguerait à sa fille ainée à sa mort. Elle entretenait cette légende, la nourrissant au gré de l’interlocuteur. Sauf que Mame Ndeye n’avait jamais été à l’école, même si elle avait fait réciter à mon père ses leçons pendant tout son cycle primaire. Elle raconte encore aujourd’hui cette histoire dans de grands éclats de rire en se tapant sur les cuisses. Mon père n’a compris la supercherie qu’au moment d’entrer au collège.
  • Mame Ndeye Seck: Bo ma nammoon seet si ma! Tukki wu ma, toxu wu ma, dee wa gu ma itam,Yàlla na yéex! Sa yaay rek mooy ñëw mba mu yonnee. Aka am kollëre ta mën ay nittam. Yeen nag da ngeen xamul kenn. Yow moom sa papa mo la yàq. (Si je te manquais comme tu le prétends, tu serais venue me voir. Je n’ai pas voyagé je n’ai pas déménagé et je ne suis pas encore morte. Ta mère est la seule à me rendre visite. Elle entretient ses relations d’antan. Les enfants d’aujourd’hui, vous ne connaissez personne. En ce qui te concerne, c’est la faute à ton père)
  • Wa baal ma maam. Xana bo ma xasee ba tey nga mën ma may tey. Di na fa ñëw bu subaa. (J’en suis désolée grand-mère. On peut faire trêve pour ce jour spécial. Je te promets que je passerai te voir demain)
  • Ba booba. Ma ngi lay xaar ci suuf, dafa mel ni sa papa dafa am lu mu bëgg a wax. Mi ngi mel na gardes ya ca bunt u palais de. Noyyi bu yegg sax ñame wu ko. (J’attends de voir. Je t’attends en bas, j’ai l’impression que ton père veut te parler. Il est aux aguets, pire que les garde-rouge en poste devant le palais présidentiel. Il n’ose même pas respirer)
  • Mon père qui secoue la tête
  • Moi: (j’éclate de rire à nouveau) Wa j’arrive.

Elle referme la porte laissant dans son sillage, son parfum ; l’odeur continuera de planer longtemps dans la pièce après son départ.

Mon père s’installe au même endroit que ma mère quelques minutes plus tôt. Attendant un je-ne-sais-quoi qui lui permettrait de s’exprimer. Je vais devoir l’aider.

  • Comment tu me trouves papa?
  • Tu es magnifique, princesse.
  • (Je viens me blottir contre lui, c’est à mon tour d’avoir les yeux embués. Quitter mon père va être très dur)
  • Tu es sûre de ton choix? Quand ils amèneront la dot, il n’y aura plus de marche arrière possible.
  • Je suis sûre papa.
  • Je tenais juste à m’en assurer. ne ruine pas ton maquillage. Finis de te préparer. Je vais vous laisser la maison. C’est une affaire de femmes, je serai chez tonton Malick. Ta mère m’appellera quand vous aurez terminé.
  • Je t’appellerai.
  • D’accord, avertis ta mère.
  • Ok ça marche.

Je me lève pour le laisser partir…

Dans la maison retentit soudain ce chant « Gan ñëw na, ne leen ko bisimilaa », accompagné de bongos et tamas. Ma belle-famille est là. Wure wa dem na këŋ …

Ma cousine ouvre la porte de ma chambre d’un coup et me lance:

  • Tu ne devineras jamais qui est venu avec les vieilles.. ?
  • Qui? Xana sañu ko kay… (Il n’a pas osé)
  • Def na ko de (Il a osé). C’est Djily.

Nous éclatons de rire toutes les deux, je cours me mettre au balcon pour apercevoir le groupe. Djily est le seul homme parmi elles, mis à part les batteurs. Mes cousines et tantes le prennent à parti et se paient sa tête. Il n’en a cure. Il lève la tête et me fait un grand signe de la main, accompagné d’un clin d’œil. Tous les visages se lèvent vers moi. Je bats en retrait, mais trop tard. Et c’est à mon tour d’entendre toutes ces choses qui nous font rougir. Que m’a t-il fait?

Ma cousine est pliée de rire. Je vais me réfugier dans ma chambre en quatrième vitesse.

Mon téléphone vibre, c’est lui.

  • Alors, surprise?
  • Loy def fii? (Que fais tu ici?)
  • Je me suis porté volontaire pour amener les vieilles, je voulais te voir.
  • Bientôt rek tu me verras tous les jours et tu en auras assez de ma tête.
  • Impossible, je veux que tu sois la première personne que je vois tous les jours. Et je prie le ciel que ton visage soit le dernier que je verrai avant de mourir. Je mourrai heureux.
  • Arrête de parler de ce genre de choses. Da nga ñeme sa yii torop… (Tu aimes trop faire cela…)
  • Wa descends que je puisse te voir.
  • Je ne peux pas descendre avant que l’on m’appelle. Sinon ta famille va dire que dama wow bët (je n’ai pas froid aux yeux)
  • Parce que wow o bët? (Parce que ce n’est pas le cas?)
  • Xam…
  • Je t’aime
  • Je t’aime aussi
  • Je ne bouge pas d’ici tant que je ne t’ai pas vu.

Djily et moi, cela remonte à loin, très loin. Je crois qu’on se connaissait même avant notre naissance. Nous nous sommes rencontrés le premier jour du collège et nous ne nous sommes plus jamais quittés. Nous avons choisi le même pays pour faire nos études. Nous sommes rentrés au Sénégal par le même vol. Une semaine plus tard, il se présentait devant mon père, lui disant : « je n’ai pas encore de travail, certes, mais je veux épouser votre fille le jour où je recevrai mon premier salaire».  Manque de bol, son père l’a pris dans l’entreprise familiale et l’a fait trimer pendant quatre ans sans salaire, le faisant démarrer au niveau stagiaire. Il a fait tous les postes de l’entreprise. Ce salaire, il l’a reçu pour la première fois en début d’année. Il a débarqué le soir même chez nous, demandant à parler à mon père, avec sa paie dans une enveloppe. On en rit encore aujourd’hui.

La fête bat son plein, quand tata Kouna, la fille de Mame Ndeye, accompagnée de ma bàjjan, vient me chercher pour les salutations d’usage. Je peux enfin sortir de ma chambre. Les louanges m’accompagnent tout le long. Les bongos se sont tus faisant place à la voix de tata Kouna, déclamant le poème écrit par un des disciples de mon grand-père, faisant l’éloge de ce dernier. Tata Kouna finit le poème et demande aux bongos de lui donner la mesure, elle lance alors un « bul solu, bul summeeku, sa jikko ji solal na la », repris avec entrain par toute la salle.

Je ne savais pas que ma mère avait convié autant de monde. Je m’attendais à ce qu’il y ait du monde, mais pas autant. C’est vrai que je suis l’ainée et que c’est la première fois que sama yaay am xew, étant elle-même taaw.

Mes yeux ne pouvaient se fixer nulle part. D’où pouvait bien venir toutes ces personnes? Le centre de la pièce ressemblait à … euhhh, je ne sais même pas. Les cadeaux de toutes sortes s’amoncelaient. Des valises et des valises de nuisettes, de parfum, des coffres à bijoux. A qui appartenait tout ceci ? Je dis bonjour tant bien que mal à tout le monde et, en me retournant pour partir, Djily est apparu devant la porte. Les griottes s’en sont redonnées à cœur-joie : « de mémoire de vivant, personne n’a jamais vu ceci. Djily, li mba sa jàmm la? Gëmal Yàlla. (Djily, tu es sûr que tu vas bien? Aie confiance en Allah) Elle sera bientôt à toi. Tee ñu joxla ko nga yobbu ko benn yoon? (On peut aussi te la donner aujourd’hui et que tu rentres avec elle) »… Il acquiesçait de la tête avec un sourire d’une oreille à l’autre. Non, mais Djily!

On nous a fait revenir tous les deux au milieu de la pièce, il m’a tenu la main tout le long. je ne sais pas qui de nous deux était plus ému. Nous en tremblions tous les deux. Nos deux mains étaient moites. La cérémonie de remise de dot touchait à sa fin.

Il m’a raccompagnée jusque devant la porte de ma chambre, me volant un baiser que je lui offrais  de tout mon cœur et de toute mon âme. Je le laissais repartir à contre-cœur. Il me promit de repasser plus tard, le temps de finir de faire le chauffeur.

Les invités étaient partis, mon père, rentré. Nous étions tous installés dans le champ de ruine qu’était devenu le salon. Mes cousines continuaient encore à ranger tous les cadeaux que l’on m’avait apporté. Je piquais de quoi manger dans les assiettes abandonnées sur place. Je n’avais rien mangé depuis le matin. Je mourais de faim et je tombais de sommeil. Je vais appeler Djily pour lui demander d’attendre demain, je suis trop fatiguée.

Je compose son numéro, la bouche emplie et les paupières lourdes. Les boucles anglaises qui me rendaient si fières pendaient misérablement de chaque côté de mon visage. Un téléphone sonne au loin à la limite de mon subconscient, quand j’entends soudain

« Wuy sama ndey! » suivi d’un bruit de chute. Je me retourne, c’est ma mère qui s’effondre. 

Des larmes coulant sur son visage alors qu’elle n’émettait plus un son. J’ai su qu’un malheur était arrivé. Je ne savais pas lequel. Nos regards se sont croisés et quelque chose en moi s’est brisé. J’ai deviné ses mots plus que je ne les ai entendus. « Djily a eu un accident en rentrant de chez sa tante, il est mort »… j’ai perdu connaissance.

—-

Je suis en larmes à la fin de la lecture et ai besoin de parler à mon père. Je sors de la maison, entre dans ma voiture et l’appelle lui demandant de m’attendre chez lui. Il me répond avec son ton bourru habituel « Où veux-tu que j’aille à cette heure-ci? ». Il a raison, il est une heure du matin. Suis-je resté tétanisé autant de temps?

Je sonne à la porte. Il vient m’ouvrir. L’odeur de tabac et de café mélangée à son parfum donne une signature propre à son antre. 

  • Bonsoir papa
  • Bonsoir Djily
  • Je peux entrer?
  • Non, reste planté dehors. Tu en as d’autres questions idiotes comme cela?
  • J’ai lu les carnets de maman
  • Ah…
  • Pourquoi tu ne m’as jamais dit?
  • Que je te dise quoi, Djily?
  • Pour maman, pour Djily. C’est son nom que je porte
  • Oui. Je le sais, c’est moi qui t’ai baptisé.
  • Tu es mon vrai père?
  • Bien sûr que je suis ton vrai père. Pour t’en assurer, il te suffit de te mettre devant le premier miroir. Tiens, il y en a un, juste là à l’entrée.
  • Pourquoi?
  • Pourquoi quoi? Je t’ai donné ce nom, j’ai épousé ta mère? Que veux-tu savoir? Pose tes questions. Arrête de tourner autour du pot.
  • Tout
  • Pour cela il nous faudra encore du café, beaucoup de café.

Il se dirige vers la cuisine, et commence à s’activer devant sa machine. La nuit sera très longue…

3 Commentaires

  1. Aby Dieye

    Comme d’habitude tu nous a tenus en haleine, j’attend la suite avec avec impatience #enmodeconfinement# 🙂

    Réponse
    • Zoubida

      Merci beaucoup ma belle… Tu me connais avec les suites loool

      Réponse
      • @l@ss@ne DI@LLO

        Belle plume,mais la suite c’est pour quand.
        Diapp thi bok…mdr

        Réponse

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