fbpx

8 mars 2017

par | 8 Mar, 2017 | Lettre à ... | 0 commentaires

 

Dakar le 8 mars 2017

8 mars journée internationale des droits des femmes. On a vite fait le raccourci en journée de la femme terme avec lequel j’ai beaucoup de mal personnellement.
Aujourd’hui on entendra toutes sortes de choses, du compliment niais à la raillerie à peine cachée.
De l’éloge dithyrambique, du pseudo-oubli et du dédain assumé, tout cela enrobé d’une belle couche de vernis pour les plus civilisés.
Aujourd’hui on aura droit à toute sorte d’offres promotionnelles, de remise en tout genre surtout sur l’électroménager. Des hommes bien intentionnés feront la cuisine et offriront des cadeaux à leur moitié, tiers, quart et plus si affinités … Les bienheureux…
Rares seront celles où  eux qui se poseront des questions au-delà, et demain?
Demain, nous retournerons à notre train-train,
Demain, tout le monde nous y compris attendra de nous que nous soyons des Wonder woman
Demain, nous ne pourrons nous plaindre
Demain, nous rentrerons dans le moule
Demain, nous serons des femmes apprêtées à défaut d’être belles, ambitieuses dans la limite du raisonnable, mère à temps plein, épouse toute notre vie, amante, tant qu’il n’aura pas trouvé mieux.
Demain, nous accepterons encore tout cela 364 jours encore.
Demain, plus personne n’en parlera
En attendant,
A toutes les femmes qui se sont battus pour faire en sorte que nos droits évoluent puissent votre combat ne pas être vain.
A ceux parmi les hommes, pour les plus « chanceuses » d’entre nous, qui ont compris, que leur femme est leur partenaire de vie et non un adversaire à battre tout en tentant de rester fair-play, vous tenez le bon bout.
Aujourd’hui nous prenons pour acquis moi la première le fait de voyager à ma guise sans l’autorisation de mon mari, saviez-vous  que dans un passé très récent, une femme avait besoin de l’autorisation dûment écrite de son mari pour sortir du pays. Aujourd’hui nous débattons sur la monogamie/polygamie pour/contre bla bla bla.
Saviez-vous qu’avant ce code de la famille que nous decrions (pour certaines d’entre nous), c’était polygamie par défaut à prendre ou à prendre car laisser n’était pas une option. Saviez-vous que jusqu’à présent à poste égal on préfère recruter un homme à la place d’une femme.
Saviez vous qu’à qualification égale les hommes sont en règle générale mieux payé que les femmes.
Saviez-vous que jusqu’à présent moi, femme mariée, financièrement indépendante, je ne peux voyager avec mes enfants sans l’autorisation parentale, parentale voulant dire ici Père. Et même en cas de divorce avec  garde accordée à la mère elle devra toujours avoir cette fameuse autorisation.
Le renforcement des acquis doit être un combat de tous les jours, ce qui n’évolue pas recule.
On verra beaucoup plus de folklore aujourd’hui, la plupart d’entre nous ayant arrêté depuis longtemps de nous poser des questions sur l’essence même de cette journée.
En attendant demain pour rentrer dans les rangs, aujourd’hui j’entre aussi dans le moule.

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

*

code

D’AUTRES PETITS RIENS…

Bannière du Podcast conversations féminines. Portrait de Zoubida Fall

« Conversations féminines », une série d’épisodes sur la place des Femmes au Sénégal

Elles sont des femmes, sénégalaises ou d’origine sénégalaise. Aux profils divers et provenant de diverses classes sociales. Pendant une heure et sur un ton intimiste, nous interrogerons avec elles leur place. De celle qu’on leur a assigné à ce qu’elles en ont fait. (…)

D’une génération à une autre et si nous entamions cette conversation…

photo de penda Mbow avec une citation

Penda Mbow: une vie de lutte. Contre l’injustice, les castes et l’obscurantisme

On vit dans une société de dissimulation... où tout ce qu'on fait, même la violence, on la dissimule.   Biographie de Penda Mbow Docteure en histoire médiévale, médiéviste, militante pour les droits des femmes et en faveur de la suppression des castes, ministre de la...
Portrait de FATIMATOU ZAHRA DIOP - Citation : Aussi longtemps que je me souvienne, j'ai été heureuse - Vignette du podcast Conversations Féminines

Sur le recul du langage et de la société, Fatimatou Zahra Diop est sans concession mais c’est par amour pour le Sénégal.

À l'image de cette conversation aux multiples sujets, il ne pouvait y avoir qu'une seule citation mise en exergue.J'espère que vous les apprécierez l'une comme l'autre pour ce qu'elles sont, ensemble et séparément. Même quand les gens s’expriment en wolof, et ça...
Kalista Sy

Infertilité, traumatismes : Kalista Sy puise dans sa douleur pour créer.

- Quand tu me donnes quelque chose de mal, je te fais comprendre que tu me fais quelque chose de mal mais je te rends pire. Il faut montrer aux gens qu’on est capable d’être pas forcément à leur niveau mais à un niveau supérieur. (…) - Tu sais y’a quand même une...

Pin It on Pinterest

Donnez de la force à du Kokalam

Partagez sur les réseaux sociaux : ça m'aide vraiment beaucoup pour faire connaître le podcast Conversations Féminines et tous les parcours de ces femmes incroyables.